• Chapitre 3 : Chambre vide un soir de concert.
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Le soleil filtre à travers les volets et me réveille. Faudrait penser à acheter un autre réveil. J'ouvre les yeux et me lève à contrec½ur. Douche glacée quotidienne. J'allume ma chaîne.
« Il est sept heures et c'est les infos !... Salut tout le monde, Stephen à l'antenne. Ce matin à Munich, cinq jeunes ont été interpellés puis mis en garde à vue après une fouille au domicile du cerveau de la bande, Luk Sticoski, où six kilogrammes d'héroïne a été découvert. Ils risquent tous entre un et quatre ans d'emprisonnement avec sursis. Mais l'événement de ce soir, c'est bien sûr le concert de Tok... » CLIC.
J'ai entendu ce que je voulais entendre. Je mets « Mother Earth » et me prépare. Jean plutôt droit avec des clous, décolleté noir manche trois quarts, gilet bien large noir. Bracelets, colliers de force, Viviennes. J'empoigne mon sac et m'apprête à sortir.
Andreas : « Tu déjeunes toujours pas ? C'est pas bien ! Sinon, tu fais quelque chose ce soir ? »
Moi : « Non, tu compte m'emmener où ? »
Andreas : « Mes potes font un méga concert ! Ce serait pour toi une occasion de les écouter, toi qui te drogue à la musique ! »
Moi : « Si tu le dis. Quelle heure ? »
Andreas : « Sois ici à dix-sept heures pile ! »
Moi : « A plus tard. »
Je sors et le soleil m'éblouie. Crétin de soleil. Je n'aime pas le soleil. Il nous crame la peau, rend les femmes accro pour ensuite nous faire crever dans d'atroce souffrance. Il nous crame les yeux, nous fait dépenser notre argent pour ensuite nous priver de tout contact visuel. Il file des boutons à certains, des plaques rouges à d'autres. Et bientôt, il prendra un malin plaisir à faire exploser notre planète et de réduire le monde à néant. Non, vraiment je hais le soleil. C'est un crétin qui ne nous fait profiter que de sa puissance. Je crois que c'est pour ça que je n'aime pas le soleil. Il est trop puissant. Et il me fait de l'ombre.
La citée est étrangement calme ce matin. Le bruit de mes pas résonne sur le pavé. C'est sinistre. Ca rend la citée belle. J'ai même l'impression qu'en cette instant, elle pue un peu moins. J'ai l'impression.
Bientôt, les murs de la prison se profilent.
Jillian : « Dépêchez-vous, Mille Koenigine. Vous êtes en retard. »
Moi : « Non, je suis à l'heure. »
Encore une journée de travaux forcés.
Douze heure : self.
Elle est pourrie cette cantine. On y bouffe de la merde. Potage-Agneau. Macédoine-B½uf. Toujours la même merde. Les cantinières sont des radines. Trois grammes de pâtes pour trois litres d'eau. Des pâtes à l'eau. De l'eau aux pâtes. Les jours de frites : sept centilitres de ketchup pour quatorze frites. 0,5 centilitres de ketchup par frite. Radines. Je m'en fous, je suis allergique à la tomate. Ketchup, je connais pas. Aujourd'hui, Potage-B½uf. Pour changer. Je regarde mes deux petits pois, ma carotte et mon haricot bleu se battrent en quatuor. Mon carré de b½uf dans sa mare de sang. On dirait une baignoire d'hémoglobine dans laquelle Mr Legigot se prélasse en prenant son bain. Un boyau en robinet ouvert, crachant un jet ininterrompu d'eau chaude. C'est déguelasse. Je prend mon sac, embarque ma clémentine et sort du bâtiment. Je suis éblouie. Crétin de soleil.
...
Elle flirte avec lui pendant que son mec la matte du coin de l'½il. Quelle pouf. Y'a autant de poufs ici que là-bas. A croire que la terre en est envahie. Que des connes.
Girl1 : « Olala, Bill & Tom, ils sont trop beauuuuuuuuuuuuu »
Girl2 : « Vouiiiiii !! Enfin, ils sont jumeaux, alors ! Et au faite, tu sais comment ils s'appellent les deux autres ? »
Par ça aussi le monde est envahi. Des groupies. « Sont trop beauuuuuuuuuu ». Des putains de groupies. Et leur son, il est comment, hein ? Putain de groupies. N'empêche. Il à l'air d'en tenir une couche, leur groupe. Bill & Tom. Pour des jumeaux. Tom & Jerry. Boule & Bill. C'est con parfois les parents. Ca ne pensent à rien. Tom & Bill. Pour des jumeaux. C'est vraiment trop con.
Je tourne dans l'allée pavée et introduis ma clef dans la serrure.
Andreas : « Tu as deux minutes vingt-trois secondes de retard ! »
Moi : « Tu exagère... »
Andreas : « Deux minutes vingt-cinq secondes ! »
Moi : « Et je sens que je vais avoir encore un quart d'heure de retard, il faut que je me change. »
Andreas : « Putain ! J'avais dis pile ! C'est toi qui exabuse ! »
Je monte dans ma chambre, balance mon sac sur le lit. Je troque mon gilet contre une veste à la Gerard Way, noire évidement. Je change mon piercing contre un clou noir, raffle encore eyeliner, khôl et mascara. J'entends l'autre trépigner en bas. Je foure tout dans mon sac à clous et redescends tranquillement.
Andreas : « Magne-tooooooooooooooooooooooi !!!! »
Moi : « Je suis là. »
Il me tend un casque. Je passe mon sac en bandouillère, prends le casque, l'enfile et monte derrière lui sur la SUZUKI ( prise à Mr LePère.) et il démarre en trombe.
Je ne dis rien de tout le trajet. Au fur et à mesure que l'on s'approche du Zénith, je me questionne. Quel style de musique ? J'espère que ce n'est pas du rap. C'est merdeux le rap. Et puis les rappeurs, pleins au as qui hurlent : « la citée, c'est la galère ».Oui, la citée c'est la galère. Mais qu'est ce qu'ils en savent ? Le rap, je ne trouve pas que c'est ce qu'on peux appeler de la musique. C'est quelqu'un qui parle, accompagné d'une mélodie répétitive. C'est nul. Ca parle toujours des mêmes choses. Drogue, fric, sexe. Pas très inspiré. Et basta. C'est vraiment trop nul.
Andreas s'engage dans l'allée principale et se gare dans l'emplacement « moto ». Contrairement à mon habitude, j'ai du mal à cacher mes sentiments. Stupeur. Etonnement. Frayeur.
Moi : « Qu'est ce que c'est que ça ? »
Du doigt, je désigne la queue. Ou plutôt, les trois énormes queues. Dix mètres de large, trois cent de long. Couvertures de survies. Beaucoup ont du y passer la nuit. Putain, mais c'est quoi ce groupe ?
Andreas : « Viens ! Tu crois quand même pas que je vais faire la queue pour voir mes potes jouer ! »
Il me prend par la main et m'emmène près d'une entrée sur le côté. Il fait signe à Pierce Brosman plus cent vingt kilos qui lui sourit chaleureusement et le salut. Il se tape la causette cinq minutes puis James Bond nous fait passer. On pénètre dans le bâtiment, rencontre James Bond 2 qui nous laisse accéder à la salle de concert. Vide. Presque. On se dirige vers la fosse où quelque irréductibles groupies sont attroupées, accrochées aux barrières, bien décidées à ne pas bouger d'un millimètre. La scène est plutôt grande. C'est un bon point.
Groupie 1 : « Salut ! Toi aussi t'as gagné une rencontre ? »
Qu'est ce qu'elle me tape la discute celle-là ? Je ne la connais même pas et elle m'aborde ? A ses risques et périls. Allez, je me sens pousser une once de gentillesse. C'est rare. Elle a de la chance cette conne. J'agite le drapeau blanc.
Moi : « La rencontre de quoi ?
Groupie 1 : « La rencontre avec les TH ! »
Moi : « TH ? C'est une marque de P.Q. ? »
Andreas : « Euh, Keira, c'est le groupe qui s'appelle Tokio Hotel. Les fans disent TH... »
Moi : « Ah ! Euh non, je ne les connais pas, je viens voir ce que c'est. »
Groupie 2 : « Tu ne connais pas et tu viens dans un concert comme ça ? »
Moi : « Comme ça ? »
Groupie 2 : « Les fans de TH sont des fans-fans ! »
Andreas : « ...des hystériques... »
Groupie 2 : « Et ... »
Mais elle n'a pas le temps de finir sa phrase. Des hurlements d'une puissance inestimable. Le bruit sourd de quatorze mille pieds martelant le sol. Sept mille fans prennent d'assaut le Zénith. Onze minutes et trente-sept secondes, c'est le temps qu'il suffit à remplir la fosse. Deux mille cinq cents quatre vingt dix-huit hystériques. Moi et Andreas. Deux milles six cents dans cent dix-huit mètres carré. Elles veulent passer devant. Elles veulent s'approcher. Elles veulent les voirs. Elles veulent s'embrocher sur les barrières. Elles veulent les toucher. J'ai chaud. Ma gorge est sèche. J'ai trop soif, il me faut absolument de l'eau. Le sol se dérobe sous mes pieds.
Andreas : « Keira ! Viens ne restons pas là. »
Ses bras me soutiennent. Nous ne pouvons pas sortir. Si je n'avais pas laissé mon casque dans le coffre de la moto, j'en aurais assommé une bonne vingtaine. Après un frayage de passage difficile, nous atteignons finalement les escaliers où je m'effondre.
Amdreas : « Je croyais pas que tu étais claustro ! »
Moi : « C'est pas la salle qui m'étouffe, c'est les gens. Je ne les supporte pas. »
On s'assoit sur les marches. Je regarde la fosse. Elles tombent toutes comme des prunes. Une mère accompagnant sa fille. Deux, trois, quatre groupies. Cinq, six. Et tout ça pour un groupe. C'est écoeurant.
Moi : « Ils font des strip-teases sur scène tes potes ou quoi ? »
Elles ont des ongles noirs. Elles portent des mitaines. Je vois mal des rappeurs la dedans. Ce sera sans doute du rock, c'est déjà ça.
Salle : « Wir wollen Tokio Hotel ! Wir wollen Tokio Hotel ! Wir wollen Tokio Hotel ! Wir wollen Tokio Hotel ! ...»
Moi : « Nia nia nia »
Ca ne s'arrête plus. Qui penserait que l'être humains aurait autant de souffle ? Qui penserait que sept mille personnes feraient autant de bruit ? Mes yeux se ferment. C'est au moment où je m'endors sur l'épaule d'Andreas que les lumières s'éteignent. C'est l'ébullition. C'est insoutenable. C'est comme un cri suraigu qu'on voudrais faire taire mais qui continue de monter, inlassablement. Puis qui explose.
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Voila. Dsl de ne pas avoir mis la suite plus tôt, mais je n'avais pas vraiment le c½ur à ça. Cela me comble de plaisir que ma fic vous plaise autant ! Là, je n'est pas vraiment le temps de faire la suite de la mise en page mais à la demande générale, je met cette suite tant attendu (est oui, j'y crois !). Haricot bleu. Parce que y'en a marre des haricots verts!Suite de la mise en page...euh...dès que j'ai le temps ! Demain sûrement. Merci pour vos commentaires si heureux.
GBisous, Mlle Lisa
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